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Después de Lucia

Después de Lucia

Prix « Un certain regard » au dernier Festival de Cannes, ce second film du Mexicain Michel Franco évoque avec force le calvaire d’une lycéenne victime de harcèlement.

Synopsis : Lucia est morte dans un accident de voiture il y a six mois ; depuis, son mari Roberto et sa fille Alejandra, tentent de surmonter ce deuil. Afin de prendre un nouveau départ, Roberto décide de s’installer à Mexico. Alejandra se retrouve, nouvelle, dans une classe. Plus jolie, plus brillante, elle est rapidement la cible d’envie et de jalousie de la part de ses camarades. Refusant d’en parler à son père, elle devient une proie, un bouc émissaire.

 

Réalisateur : Michel Franco

Acteurs : Tessa Ia, Hernan Mendoza, Gonzalo Vega Sisto,

Durée : 103 minutes

Distinctions et récompenses : Prix « Un certain regard » au Festival de Cannes 2012, Prix spécial du jury au festival de Chicago 2012

Thématique abordée : La perception, les réactions face aux harcèlements.

Afin de connaitre les lieux et les dates des diverses soirées Habemus Ciné ! autour de « Despuès de Lucia », rendez-vous ici

Note d’intention du réalisateur Michel Franco

Il y a une grande profondeur poétique dans le titre qui signifie « après Lucia. » C’est la seule mention du fait que ce père et sa fille ont perdu quelqu’un, femme, mère, et que le drame va naître de leur réaction à ce manque.

Il n’y aurait pas de film si Lucia était là. C’est ce manque qui circule entre les personnages. Encore une fois, on me parle du bullying mais pour moi, le grand thème du film, c’est le deuil. C’est en raison de sa situation de deuil qu’ Alejandra considère qu’elle doit être forte pour deux, pour elle et pour son père, et qu’elle doit donc endurer ce que ses camarades lui font subir, porter ce fardeau sans rien dire, devenir une sorte de martyre. C’est un sacrifice que personne n’attend d’elle, clairement dû à l’absence de communication entre le père et la fille.

« Des cadrages à la durée des plans, du jeu des comédiens au scénario, tout est précis, dense, déroutant, mais de manière étonnamment fluide. On ne sait jamais ce que réservera la séquen­ce suivante, le genre lui-même (une chronique, un drame, un polar?) demeurant incertain un long moment. Ce qui est certain, en revanche, c’est la tension extrême quoique souterraine, créée par Michel Franco, de la première à la dernière minute. Une tension qui dit à la fois la souffrance, le tumulte intérieur et l’éloignement progressif. Tandis que le père s’enfonce dans la dépression, la fille, elle, subit une série d’agressions physiques et psychologiques perpétrées par des élèves de son lycée.

Cette violence a ceci de redoutable qu’elle se manifeste de manière naturelle. Sans cris, sans réactions de la part d’Alejandra, victime expiatoire. C’est son silence qui est le plus violent. Tout glisse ici de manière terrible, à l’image du plan séquence final, long moment de navigation sur la mer. Autant dire qu’on ressort de ce film groggy. Pas de doute : un cinéaste est né. »

Jacques Morice, Télérama

« Michel Franco, qui signe aussi le scénario du film, décrit avec justesse la mécanique infernale qui mène de la fragilité du deuil à une forme de mutisme, d’une douleur à une autre, du jeu pervers à l’entreprise de déshumanisation. 

Le cinéaste n’a pas voulu faire du harcèlement l’unique sujet – mais plutôt le contexte – de son film. Il offre au spectateur une salutaire distance, qui évite tout voyeurisme et préserve d’une brutalité trop crue. »

Arnaud Schwartz, La Croix

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