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Wasteland

Wasteland

Lucy Walker a filmé le travail de l’artiste Vik Muniz au coeur de la plus grande décharge du monde, aux portes de Rio.

Synopsis : Pendant trois ans, Waste Land suit l’artiste brésilien Vik Muniz de Brooklyn, où il vit, à Jardim Gramacho en banlieue de Rio de Janeiro. Dans la plus vaste décharge du monde, il retrouve son Brésil natal pour un projet artistique inédit : photographier les « catadores » (les ramasseurs de déchets recyclables) dans des mises en scènes composées à partir d’objets et matériaux rescapés des poubelles.
Tout au long de cette aventure, le projet va prendre une toute autre dimension. Au fur et à mesure de sa collaboration avec ces personnages hors du commun, Vik va saisir tout le désespoir et la dignité des catadores, alors même qu’ils parviennent à réinventer leur vie en prenant part à son œuvre d’artiste.

Réalisateur : Lucy Walker

Acteurs : Vik Muniz, Fabio Ghivelder, Isis Rodrigues Garros

Durée : 98 minutes

Distinctions et récompenses : Nominé pour  l’Oscar 2011 du meilleur film documentaire ; Prix Amnesty International au festival de Berlin 2011 ; Prix du public aux festivals Sundance et de Berlin 2011

Thématique abordée :
 La dignité humaine

Afin de connaitre les lieux et les dates des diverses soirées Habemus Ciné ! autour de « Waste Land », rendez-vous ici

Note d’intention de la réalisatrice Lucy Walker

J’ai toujours été intéressée par les problèmes liés aux déchets. La difficulté de s’en débarrasser, ce qu’ils disent de nous, pourquoi ils nous dérangent. Leur masse, leur diversité mais aussi leur destination finale.

A l’Université de New-York, je me suis liée d’amitié avec Robin Nagle,

qui enseignait sur la thématique des ordures. Robin nous a emmenés visiter la décharge de Fresh Kills, archi connue depuis pour être le lieu de dépôt des débris du World Trade Center. L’endroit était terrifiant : des clôtures de partout, des quantités cauchemardesques de sacs plastiques, des dégage- ments réguliers de méthane, des amas gigantesques de déchets.

Les montagnes d’ordures étaient plus hautes que la statue de la Liberté. Çà et là des rats, des mouettes, des chiens … Et une odeur putride …

J’adore les décors de films. Je trouve incroyable que personne n’ait eu auparavant l’idée de montrer une décharge à l’écran. C’est un endroit obsédant, un peu comme un cimetière. En y allant, j’ai immédiatement su que je voulais y faire un film.

En 2006, j’ai rencontré Vik Muniz. Notre échange a tourné autour de son travail sur les matières, de la récupération on en est vite arrivés à parler d’ordures ! Et là, je me suis soudainement souvenue de mon excursion

à Fresh Kills, sept ans plus tôt.

Vik, la récup, le Brésil, la décharge … le lien était fait. Nous n’avions plus qu’à nous lancer dans des repérages. Avec mes producteurs, nous avons trouvé une décharge en banlieue de Rio où le trafic de drogue était sous

contrôle et où un jeune leader charismatique, ouvert à l’idée de travailler avec Vik, avait organisé les catadores en coopérative. A Rio, les deux extrêmes de la pauvreté et de l’opulence se côtoyaient ostensiblement sous nos yeux, la ville montrait des contrastes vraiment forts. C’était l’endroit parfait pour notre projet.

Vik joue entre les niveaux de proximité et de distance, entre le matériel utilisé et l’idée véhiculée, entre les coups de pinceau et la scène dépeinte sur la toile. Le portrait, c’est Isis, c’est un Picasso, une concentration d’ordures et une œuvre de Vik Muniz, tout cela à la fois. Vik veut que ces portraits servent de miroir dans lesquels les catadores peuvent se refléter. L’idée de « facteur humain » est au cœur des portraits et de mon film.

Dans WASTE LAND, Vik Muniz s’interroge sur les éventuelles blessures que pourrait causer le changement de mode de vie que son projet artistique offre ponctuellement aux catadores, comme une parenthèse enchantée face à leur quotidien plutôt terrible. C’est vrai que c’est une question qui est revenue sans cesse. Pour un réalisateur de documentaires, l’objectivité est parfois difficile : comment ne pas interférer avec les vies des personnes qu’on filme ? Ma présence de réalisateur change tout :

il ne peut en être autrement. Et j’ai donc une responsabilité.

Mes remerciements les plus sincères vont aux catadores. J’ai beaucoup de respect et de gratitude pour ces gens qui ont eu la générosité et le courage de partager leurs histoires avec nous, dans ce qu’elle comportait de plus dur et de plus touchant. Leurs vies nous ont beaucoup inspirés. Le film est dédié à Valter qui disait si justement « 99 n’est pas 100 ». Une seule canette, un seul catadore peut faire la différence.

« Ce documentaire, couvert de prix dans les festivals internationaux, raconte le projet qu’il a mené avec les « catadores », les collecteurs de déchets recyclables de Jardim Gramacho, la plus grande décharge d’ordures du monde, près de Rio. L’art peut-il changer la vie de Suelem, enceinte de son troisième enfant à seulement 18 ans ? De Zumbi, qui rêve de créer une bibliothèque pour les 3 000 travailleurs de Gramacho ? De Tiao, le jeune créateur de l’association des catadores ? Riche de tous ces portraits, « Waste land » laisse espérer que ce n’est pas impossible. »

Le Parisien

« Vik Muniz avait décidé de réaliser des portraits des « catadores » dans des mises en scène réalisées à partir du contenu des poubelles. « J’ai découvert un univers de courage et de dignité », raconte-t-il. Issu d’un milieu pauvre avant de devenir la coqueluche des galeristes du monde entier, Muniz a changé la vie de ces hommes et de ces femmes qui l’ont aidé à composer ses tableaux. L’émerveillement des « catadores » quand ils travaillent ensemble puis qu’il leur offre leur portrait constitue de beaux moments de ce documentaire dont les recettes ont financé écoles et maisons. « Cette aventure prouve que la culture peut faire bouger les choses », déclare Muniz.

Le message optimiste de ce film couvert de prix était très important pour l’artiste. « J’espère qu’il fera considérer les déchets de façon différente et réfléchir sur notre société de consommation. » Pari gagné car on sort avec un total respect pour Muniz et ses sujets. « L’art est fait pour tout le monde », insiste celui-ci. C’est à ça qu’on le reconnaît. »

20 Minutes

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